André Gide – De l’influence en littérature

« Mesdames, Messieurs,
Je viens ici faire l’apologie de l’influence.
On convient généralement qu’il y a de
bonnes et de mauvaises influences. Je ne
me charge pas de les distinguer. J’ai la
prétention de faire l’apologie de toutes les
influences.
J’estime qu’il y a de très bonnes influences
qui ne paraissent pas telles aux yeux de tous.
J’estime qu’une influence n’est pas bonne
ou mauvaise d’une manière absolue, mais
simplement par rapport à qui la subit.
J’estime surtout qu’il y a de mauvaises
natures pour qui tout est guignon, et à
qui tout fait tort. D’autres au contraire
pour qui tout est heureuse nourriture,
qui changent les cailloux en pain : “Je
dévorais, dit Goethe, TOUT ce que Herder
voulait bien m’enseigner.” »

© André Gide – De l’influence en littérature – éditions Allia

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