Osamu James Nakagawa

FALAISES DE BANTA

À Okinawa, les falaises abruptes qui se déversent dans l’océan, à des centaines de mètres plus bas, sont appelées banta. Depuis des années, je me remémore le moment où je me suis tenu en haut de ces falaises pour la première fois – un souvenir d’une beauté intense, celle de l’étendue sans fin du bleu des eaux et du ciel, rendue plus vive encore par la hauteur redoutable, et le lourd passé de ces falaises qui me venait à l’esprit dès que je regardais en contrebas. Ce souvenir m’a poussé à revenir et à descendre ces mêmes falaises. Debout, à leurs pieds pour la première fois, j’ai senti leurs poids si puissamment sur mon corps que j’ai d’abord été incapable d’en prendre la moindre photographie. Je suis retourné à mon atelier après six mois de recherches et d’exploration dans le Sud du Pacifique, avec des milliers d’images de ces falaises à reconstituer en un ensemble. Tandis que je redonnais forme à ces images numériques premières, les falaises devenaient une métaphore de l’histoire d’Okinawa et, en même temps, de par leurs manipulations numériques, des visions hyper réalistes de mon expérience, entre peur et beauté, sur les banta d’Okinawa.

Des milliers de civils ont été poussés au suicide pendant la bataille d’Okinawa et se sont jetés du haut des abruptes falaises de l’île.

 Osamu James Nakagawa

© Osamu James Nakagawa

Exposition aux Rencontres de la Photographie d’Arles
jusqu’au 23 septembre
Atelier de Mécanique

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