Brautigan – Un Privé à Babylone

Prive a Babylone

Bonnes nouvelles, mauvaises nouvelles

Le 2 janvier 1942 m’a apporté de bonnes nouvelles et de mauvaises nouvelles.
D’abord les bonnes nouvelles : j’ai appris que j’étais réformé comme caractériel et que je n’allais pas partir à la Second Guerre mondiale jouer le petit soldat. Je n’avais pas du tout le sentiment de manquer de patriotisme parce que j’avais fait ma Seconde Guerre mondiale à moi cinq ans plus tôt en Espagne et que j’avais deux trous de balle dans le cul pour le prouver.
Je ne comprendrais jamais pourquoi je me suis fait tirer dans le cul. De toute façon, ça ne fait pas une histoire de guerre formidable. Les gens ne vous considèrent pas comme un héros quand vous leur racontez que vous vous êtes fait tirer dans le cul. Ils ne vous prennent pas au sérieux ; enfin, moi, je ne m’en faisais plus pour ça. La guerre qui commençait pour le restant de l’Amérique était terminée pour moi.
Les mauvaises nouvelles maintenant : je n’avais pas de balles pour mon pistolet. je venais de décrocher une affaire pour laquelle il me fallait mon pistolet, mais je n’avais plus une seule balle. Le client que je devais rencontrer plus tard ce jour-là pour la première fois voulait que je vienne au rendez-vous avec un pistolet et je savais que ça n’était pas un pistolet vide qui ferait l’affaire.

 

© Richard Brautigan – Un Privé à Babylone – éditions Christian Bourgois (réédité par 10/18), traduit par Marc Chénetier

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