John Fante – Mon chien Stupide

Mon-chien-stupide

Deux

Harriet s’est engagée dans l’allée, puis je me suis arrêté à côté d’elle dans le garage. Nous avons été surpris de découvrir là l’autre voiture, une Packard 1940, une véritable antiquité qui appartenait à Dominic, notre aîné, le premier dingo de la famille. Nous ne l’avions pas vu depuis deux semaines. Son retour par une telle nuit d’orage signifiait qu’il avait soit des ennuis, soit besoin de chemises propres. J’ai ouvert la portière arrière de la Packard. Ça puait la marijuana à l’intérieur. Harriet s’est penchée vers la banquette et, avec une grimace, a saisi une petite culotte bleue, qu’elle a relancée dans la voiture avec un beurk dégoûté.
Nous sommes sortis du garage. La maison étincelait comme un parking de voitures d’occasion ; il y avait de la lumière à toutes les fenêtres, jusqu’aux spots de la porte de derrière et du garage étaient allumés, qui inondaient la pelouse détrempée d’une iridescence blême.
« Il est toujours là », a dit Harriet d’une voix hésitante en regardant la porte de derrière. Alors je l’ai vu, tas sombre et massif, immobile et hirsute comme un tapis. J’ai dit à Harriet de garder son calme.
« Le revolver. »

© John Fante, Mon chien Stupide, traduit de l’américain par Brice Matthieussent, Christian Bourgois éditeur, réédité par 10/18

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